Ce truc au saindoux pour le visage ? J’ai essayé. Voilà ce qui s’est passé.
Bon, écoutez. C’est l’hiver. Mon visage est en grève. Genre, peau sèche, tiraillements, des plaques rouges qui démangent sur les joues – le tableau complet. J’ai tout essayé. Des crèmes à 80 balles qui sentent le spa, des huiles « miraculeuses », des trucs en pot vert avec des promesses. Rien. Ou alors ça brille, ça colle, ou ça fait juste… rien. J’en avais marre. Et puis un soir, sur un coup de tête – ou de désespoir – j’ai commandé un baume au saindoux fouetté à la lavande sur Etsy. Du gras de bœuf. Pour le visage. Ouais, je sais. Ça a l’air bizarre. Moi aussi j’ai fait la grimace. Mais là, maintenant, je suis sur mon deuxième pot. Et je tape ça sur mon téléphone, le chauffage fait ce bruit de clic énervant, et ma peau… elle va bien. Pour une fois.
Ma peau et moi, une relation compliquée
C’est quoi mon problème ? Une peau sèche, mais pas que. Sensible. Le genre à rougir pour un oui ou pour un non. L’hiver, c’est le pire. Le vent, le froid sec, les changements de température entre l’extérieur et l’intérieur surchauffé… C’est l’enfer. J’avais l’impression d’avoir un masque qui craquelle. Surtout sur les pommettes et le front. Des crèmes « ultra-nourrissantes » ? Elles restaient en surface, une couche grasse qui ne pénétrait pas. Ou pire, elles picotaient. J’en étais à un point où je me disais que c’était foutu, que ma peau était juste comme ça. Une fatalité. Un truc de plus à gérer. C’était usant.
Et puis j’ai lu des trucs sur le tallow balm for dry skin. Le saindoux. Littéralement de la graisse de bœuf. L’idée m’a fait sourire au début. Ça sonnait moyenâgeux. Mais en creusant un peu – bon, en scrollant sur mon téléphone – j’ai vu que ça venait de bêtes nourries à l’herbe, que c’était fait en France, et que la structure était proche du sébum humain. En gros, notre peau reconnaîtrait le truc. Ça absorberait en profondeur au lieu de faire film. Pour la peau sèche, l’eczéma, les dégâts de l’hiver, apparemment c’était un bon plan. J’étais sceptique mais curieux. Assez curieux pour cliquer.
Pourquoi du saindoux pour la peau, en fait ?
Alors oui, mettre de la graisse animale sur son visage, ça demande une explication. Moi aussi j’ai bloqué. Mais voilà le truc : le saindoux de bœuf nourri à l’herbe, une fois purifié et transformé, c’est pas le truc de la poêle à frire. C’est riche en acides gras qui ressemblent beaucoup à ceux que notre peau produit naturellement. Notre sébum, quoi. Du coup, quand tu l’appliques, ta peau le « reconnaît » presque. C’est pas un corps étranger super gras, c’est comme un truc familier. Donc au lieu de rester en couche grasse sur l’épiderme – ce que font la plupart des crèmes épaisses – il pénètre. Vraiment. C’est ça le secret du natural moisturizer for sensitive skin comme celui-là. Il nourrit en profondeur sans étouffer. Pour quelqu’un dont la peau barrière est abîmée par l’hiver, c’est exactement ce qu’il faut. Ça répare. Enfin, c’est la théorie. Sur le papier. Moi je voulais voir.
Le baume fouetté à la lavande, en vrai
Le pot est arrivé. Petit, simple. Je l’ai ouvert avec… de l’appréhension. L’odeur ? Lavande. Mais pas la lavande chimique, sucrée, des produits de supermarché. Une lavande vraie. Herbeuse. Un peu camphrée, presque. Calmante, oui. Ça sent la plante, pas le parfum. C’est fort au début, puis ça s’estompe vite. Pour le sommeil, l’anxiété, je comprends l’idée. Le soir, c’est agréable. Texture ? Fouettée, comme son nom l’indique. Léger, aérien. Tu plonges le doigt dedans, c’est moelleux. Ça fond au contact de la peau. C’est pas gras-gras. C’est… riche, mais pas lourd. Je sais pas comment décrire ça mieux. C’est une sensation étrange. Tu t’attends à être huileux, et tu ne l’es pas.
Mon rituel ? Le soir, après m’être démaquillé – avec une huile douce, d’ailleurs – sur peau encore un peu humide. Je prends une noisette, je la fais fondre entre mes doigts, et je tapote sur mon visage et mon cou. Pas de massage en gros cercles, juste un tapotement pour faire pénétrer. Les premières fois, j’attendais le film gras. Il n’est jamais venu. En dix minutes, c’était absorbé. Ma peau était… souple. Pas brillante. Pas collante. Juste souple et confortable. C’était déjà un miracle.
Ce qui a changé après quelques semaines
Les premiers jours, le confort immédiat. Plus de tiraillements au réveil. Ça, c’était énorme. Après une semaine, les plaques rouges sur mes joues ont commencé à se calmer. Les démangeaisons ont diminué. La peau semblait moins « en colère », plus apaisée. C’est là que j’ai pensé à tous les trucs pour le psoriasis ou les peaux abîmées dont j’avais lu – ça commençait à faire sens.
Le vrai changement, je l’ai vu au bout de deux, trois semaines. Ma texture de peau. Elle était plus lisse, plus uniforme. Ces petites zones de sécheresse extrême, ces sortes de pellicules de peau morte, avaient quasiment disparu. Mon teint était plus lumineux, moins terne. Pas « glow » Instagram, hein. Juste… en bonne santé. Comme quand tu bois assez d’eau et que tu dors bien. Sauf que je ne faisais ni l’un ni l’autre, le temps était pourri et le chauffage asséchait tout. Le mérite revenait au baume. Clairement. C’est devenu mon best tallow for winter damage. Un incontournable.
Un détail con mais révélateur : mes coudes. Super secs, genre peau de crocodile. Un soir, j’en ai mis un peu dessus. Le lendemain, c’était déjà mieux. Maintenant je fais ça aussi. C’est un peu mon produit à tout faire.
Est-ce que je le rachèterais ?
Regardez, je suis sur mon deuxième pot. J’en ai pris un pour ma mère qui a la peau super sèche avec l’âge. C’est dire. Donc oui, je rachèterai. Sans hésiter. C’est devenu le seul produit « riche » que j’utilise le soir. Parfois, si c’est vraiment la crise, une fine couche le matin sur les zones très sèches sous ma crème solaire. C’est le seul truc qui a réussi à calmer ma peau cet hiver sans la surcharger ou l’irriter.
Est-ce que c’est pour tout le monde ? Je sais pas. Si tu as la peau très grasse, peut-être pas. Mais pour les peaux sèches, sensibles, réactives, qui souffrent du froid, qui ont une barrière cutanée fragilisée… Franchement, je pense que ça vaut le coup d’essayer. C’est naturel, c’est simple, c’est efficace. Et l’odeur de lavande le soir, c’est un vrai plus. Ça marque la fin de la journée. Un petit rituel.
Questions qu’on me pose (ou que je me suis posées)
Est-ce que le saindoux est bon pour le visage ? Oui, enfin pour moi ça l’a été. L’idée fait peur, mais en fait c’est logique : comme c’est proche de nos propres huiles, la peau l’accepte bien. C’est nourrissant sans être comédogène (en théorie et en pratique pour moi). C’est un vieux remède revisité.
Est-ce que ça bouche les pores ? Alors, moi non. Au contraire. Comme ça pénètre bien, ça ne reste pas en surface à obstruer quoi que ce soit. Ma peau respire mieux qu’avec certaines crèmes « non comédogènes » qui, elles, laissaient un film. Après, chaque peau est différente, mais c’est réputé pour ne pas boucher.
Ça sent fort la lavande ? Au début, oui. Ça sent la vraie lavande, herbacée, un peu fraîche. Pas une lavande douceâtre. C’est relaxant. Mais l’odeur ne reste pas longtemps sur la peau, elle disparaît en quelques minutes. Juste le temps de profiter de l’effet calmant.
*
Bref. Si votre peau tire, tiraille, rougit avec le froid, et que les crèmes classiques ne font plus l’affaire… ce baume au saindoux à la lavande, ça pourrait être une piste. Une piste un peu surprenante, mais qui marche. Je l’ai acheté dans une petite boutique Etsy française, ils font ça artisanalement. Je ne m’attendais à rien de spécial, et au final, c’est juste le produit le plus efficace que j’aie trouvé contre la sécheresse de l’hiver. Des fois, les solutions simples sont les meilleures. Ou les plus inattendues.
